04/12/2010

139. Elyane Savy : l'imaginaire dans l'oeuvre d'Anna de Noailles. 2

2/5. Le recueil « Les Vivants et les Morts » qui paraît en 1913 marque une étape dans l'inspiration de notre poète ; ce n'est plus la nature, c'est la mort qu'elle chante. Vont suivre d'autres recueils de plus en plus nostalgiques : « Les Forces Eternelles, en 1921, « Poème de l'amour, en 1924 et L'Honneur de souffrir, en 1927. Elle publiera en outre quelques réflexions que son expérience multiple lui aura dictées. « Les Innocente ou la sagesse des Femmes » et « Exactitudes » qui paraitront en 1923 et 1930. Puis ce sera son dernier livre. « Le Livre de ma Vie » l'année qui précédera sa mort. Le 30 avril 1933, à. l'aube de ce printemps à qui elle avait dédié tant de vers, elle mourra dans son appartement parisien de la rue Scheffer. Le 5 mai ses obsèques seront célébrées en l'église de la Madeleine. L'année suivante ses « Derniers vers seront publiés ; son nom est encore sur toutes les lèvres. Les années passent, d'autres nom arrivent, d'autres poètes envahissent la scène littéraire. On se souvient de moins en moins de la vibrante Anna de Noailles.
Dans son livre « La Comtesse de Noailles oui et non » Jean Cocteau écrit : Après une gloire que peu de personnes vivantes connurent, la comtesse de Noailles tomba brutalement dans la fosse commune où la gloire qui est femme abandonne les cendres de ceux qui ont trop voulu se faire aimer d’elle.
Ce jugement, sans doute un peu sévère, reflète cependant une navrante réalité. Anna de Noailles n'est certainement pas tombée dans la fosse commune : la plupart des gens se souviennent de son nom, mais très peu, il est vrai, sauraient citer son œuvre. Les véritables amis d'Anna de Noailles, dont Maurice Barrès Anatole France, Marcel Proust sont morts avant que son procès ne commence. Il ne restait personne pour venir la défendre si ce n'est son jeune ami Cocteau qui, trente ans après sa mort ne venait réviser son procès que pour sortir de l'ombre les défauts dont on l'accablait.