25/11/2012
620. "Les Forces Eternelles". Présentation
** Avec ce message se termine la mise en ligne d'une très large sélection des poèmes du recueil "Les Forces Eternelles" dans lequel la Comtesse de Noailles évoque largement les rivages du lac Léman et cette partie du Chablais, qui va d'Evian à Thonon en passant par les coteaux de Neuvecelle où elle vécut durant son enfance et son adolescence.
** L'identification de la source des illustrations est possible en cliquant sur l'image correspondante. Elle n'apparait pas à l'écran sauf exception. Pour l'essentiel elles proviennent du site DeviantArt
** Le travail de mise en ligne a été réalisé à partir des ressource librement disponibles sur l'Internet et publiées par le site Internet Archives
** Le lecteur pourra également consulter Wikisource, la bibliothèque libre.
** Enfin, je revevrai avec intérêt et reconnaissance les commentaires et les demandes de corrrection, car je m'excuse par avance des erreurs qui peuvent demeurer dans les textes mis en ligne : laclaud74@gmail.com
619. Les Forces Eternelles. Tables
Les Forces Eternelles
Table des poèmes publiés dans ce blog
Remarques.
1. Un même message peut rassembler plusieurs poèmes
2. Actuellement, la table ci-après n'est pas interactive
I. La GUERRE (non publié)
II. AME DES PAYSAGES
522. Étranger qui viendras
523. Le paysage est calme
524. Les biches
525. Le flot léger de l'air
526. La paix du soir
526. Matin d'été
527. Le cri des hirondelles
528. L'esprit parfois retourne
529. Une heure d'été
530. Jour de juin
531. Le ciel est d'un bleu
532. Matin de printemps
533. Eté, je ne peux pas...
534. Joviale odeur de la neige
535. Contentement
536. La naissance du printemps
537. Vers écrits en Alsace pour un jardin de Savoie
538. Ode à un coteau de Savoie
539. Salutation
539. Scintillement
540. Mélodie matinale
541. Poésie des soirs
542. Le ciel gris, ce matin
543. Charme d'un soir de mai
543. Azur
543. Vent d'été
544. Les nuits d'été
545. L'Automne
546. Automne, ton soleil
546. Pluie printanière
547. Matin de mai
548. Éveil d’une journée
549. L'orage
550. Matin frémissant
550. Midi
550. Le ciel mêlé du soir
551. Buée
551. Pour oublier la morne houle
551. La noble nuit est …
551. Éclosion
552. Pluie tiède
552. L'aube point faiblement
553. Quand le soleil
553. Calme soir
554. Accueil au soleil
554. Canicule
555. Le silence joyeux
III - POEMES DE L'ESPRIT
556. Dans l'adolescence
557. Une Grecque aux yeux allongés
558. Contemplation
559. La Grèce, ma terre maternelle
560. Nuit d'été, obscure
560. Tu n'as pu croire à rien
560. Pensée dans la nuit
561. Je croyais être
562. Les espaces infinis
563. Deux êtres luttent
563. Le printemps éternel
564. Espérance
564. Consolation
564. Plus je vis, ô mon Dieu
564. Se peut-il, univers
564. Interrogation
564. Le sommeil
565. Minuit
566. Certes, vous fîtes bien
566. Appel
566. Lassitude
567. Tout noble cœur
568. Le voyage
569. Renonciation
570. Les poètes romantiques
571. Méditation
572. Rêverie, le soir
573. Novembre
573. Toi seul es vrai
574. Il est des morts vivants
575. Je veux bien respirer
575. Tentation
575. Prière au destin
576. Une fière habitude
576. Offrande du batelier
577. Quoi ! Tu crains de mourir
578. Sagesse
578. Ferme tes nobles yeux
578. Mon esprit anxieux
579. Tu dis que tu consens
580. L'univers n'est pas
580. Que suis-je dans l'espace ?
580. Il pleut. Le ciel est noir
581. Étonnement
581. Mélodie
581. Chant d'Espagne
582. Promeneuse
582. A Jean Moréas
582. Ma sagesse déjà
583. O Mort, vous rendez tout
IV. — POEMES DE L'AMOUR
584. Epigramme votive
584. Attends encore un peu
585. Le chapelet d'ambre
585. Le plaisir
586. La douleur est pressée
587. Quand enfin votre esprit
587. Chant de Daphnis
587. Chant de Chloé
588. Ce ne sont pas les mots
588. Solitude
589. Ainsi, lorsque j’étais une enfant
589. Le silence
590. Le reproche
590. Le noble éther des nuits
591. Parques ! Nul coeur ne sait ...
592. Tranquillité
593. Tristesse de l'amour
594. Confession
594. Libération
595. Si nous vivions un jour
596. Toute heure signifie
597. Similitude
597. Non, l'univers n'est pas
598. C'est après les moments
598. Il n'est pas un instant
599. Lorsqu’un jour sonnera
600. Si le clair de lune
601. Paroles dans la nuit
602. La nuit
602. Ces pudeurs de l'esprit
602. Tu m'aimais moins.
603. Le chant du faune
604. Le chant de Praxô
605. Le conseil
606. Dans cette oppression
607. Je t’aime et je te hais
607. Ce regard est le tien
608. Repose-toi, tais-toi …
608. L'être ne recherche
609. L'adolescence
609. Mes yeux t'écoutent
609. Séparation
610. Lorsque je souffre encor
610. Continuité
611. Puisque nos sorts furtifs
611. Complainte
612. C'était la solitude
612. S'il est quelque autre chose au monde
613. Le passé
613. Ceux que la joie enivre
614. Prédestination
614. L'attrait
615. Nous avons attendu
615. Vous étiez rêveur
615. Quand l’automne argenté
616. La nature et le poète
617. Ceux qui ont accueilli
617. Détresse
618. L'amour ne laisse pas
618. L'amour ne laisse pas
L'amour ne laisse pas que longtemps on l’oublie,
Au front qui fut distrait il met un joug plus dur,
Il gît au fond des corps comme au fond de l'azur,
Ainsi qu'une suave et persistante lie.
Quand dans les jours parfaits des étés somptueux
On croit pouvoir sans lui connaître l'allégresse,
Il trouble notre joie ou bien notre paresse
Par un doute rêveur, sagace et langoureux.
Vous avais-je oublié, avais-je, folle, et triste.
Un instant échappé à vos constantes lois,
Inexorable Amour ? Avais-je dit : J'existe,
Je respire, je suis, je réfléchis, je vois,
Sans me sentir soumise à vos sublimes ordres ;
Avais-je décidé que j'étais libre enfin
De détourner la joue où vous souhaitiez mordre,
Et de n'assouvir plus votre soif, votre faim ?
Et cependant, Amour, dieu trompeur, dieu fidèle,
Du distrait univers vous le seul protégé,
C'est ma gloire, que nul ne pourra déranger.
D'avoir su déchiffrer tout ce qui vous révèle,
D'avoir fixé mes yeux sur vos mains éternelles,
Et de n'avoir écrit que pour vous prolonger...
Les Forces Eternelles
Illustration : Versailles. Le temple de l'Amour
Source : http://fgintrand.files.wordpress.com/2011/03/temple-de-lamour-versailles2.jpg
617. Détresse - Ceux qui ont accueilli
DETRESSE
La tristesse te pénètre
Au point que tu crois mourir,
O cœur fait pour toujours être
Terrassé par le plaisir !
Cœur savant en toutes choses,
Prodigue sans t'épuiser,
Cœur souffrant que seul repose
L'étouffement du baiser,
Qui saura ton épouvante,
Cœur par les pleurs soulevé,
Toi qui par détresse chantes,
Rossignol aux yeux crevés !
CEUX QUI ONT ACCUEILLI..
Ceux qui ont accueilli le bonheur puissamment,
Sachant que c'est un dieu et qu'il faut qu'on le brave,
Ont dans l'enfer humain connu la part suave,
Et sans crainte goûté l'infini du moment.
Ils ont, dans leur joyeuse et subite ignorance.
Ramassé sur leur cœur la brève éternité;
Scintillants et profonds comme les nuits d'été,
Ils ont, par la prodigue et trompeuse espérance,
Éprouvé leur puissance et leur immensité.
Qu'importe si les pleurs, les regrets, les tortures
Assaillent cet îlot que leur plaisir formait;
Ce qui fut est divin et ne périt jamais ;
Châtiez ces vainqueurs, implacable Nature !
Et c'est votre bonté charitable, ô Douleur,
Votre bonté prudente et qui permet qu'on vive,
D'être parfois dans l'ombre arrêtée et furtive,
De laisser quelque temps s'épanouir le cœur,
De ne pas annoncer que votre règne arrive.
Et de surgir comme un voleur !
Les Forces Eternelles
La tristesse te pénètre
Au point que tu crois mourir,
O cœur fait pour toujours être
Terrassé par le plaisir !
Cœur savant en toutes choses,
Prodigue sans t'épuiser,
Cœur souffrant que seul repose
L'étouffement du baiser,
Qui saura ton épouvante,
Cœur par les pleurs soulevé,
Toi qui par détresse chantes,
Rossignol aux yeux crevés !
CEUX QUI ONT ACCUEILLI..
Ceux qui ont accueilli le bonheur puissamment,
Sachant que c'est un dieu et qu'il faut qu'on le brave,
Ont dans l'enfer humain connu la part suave,
Et sans crainte goûté l'infini du moment.
Ils ont, dans leur joyeuse et subite ignorance.
Ramassé sur leur cœur la brève éternité;
Scintillants et profonds comme les nuits d'été,
Ils ont, par la prodigue et trompeuse espérance,
Éprouvé leur puissance et leur immensité.
Qu'importe si les pleurs, les regrets, les tortures
Assaillent cet îlot que leur plaisir formait;
Ce qui fut est divin et ne périt jamais ;
Châtiez ces vainqueurs, implacable Nature !
Et c'est votre bonté charitable, ô Douleur,
Votre bonté prudente et qui permet qu'on vive,
D'être parfois dans l'ombre arrêtée et furtive,
De laisser quelque temps s'épanouir le cœur,
De ne pas annoncer que votre règne arrive.
Et de surgir comme un voleur !
Les Forces Eternelles
616. La Nature et le Poète
LA NATURE ET LE POETE
LA NATURE
Ainsi, tu me reviens, ô ma fière transfuge,
Esprit initié, enfant, hôtesse et juge
De mes parfums, de mes rumeurs,
Ton corps semble abattu par d'humaines tempêtes.
Quels plaisirs te nuisaient, toi qui n'étais pas faite
Pour la misère du bonheur ?
Ai-je comblé quelqu'un autant que ta personne ?
Tu semblais le miroir et la conque où résonnent
Et se reflètent mes secrets.
Je te parlais avec ces voix éblouissantes
Qu'ont dans les soirs d'été les sources d'air dansantes,
Et le vert soupir des forêts.
Mon espace sans borne où sont rangés les siècles
S'est offert dès l'enfance à tes yeux de jeune aigle,
Tu savais tout ce qu'on apprend ;
On voyait ma grandeur réduite en tes prunelles,
O toi qui ressemblais aux choses éternelles,
D'où te vient ce regard souffrant ?
Je t'avais faite insigne, éparse et solitaire.
Les rumeurs de la foule et la paix de la terre
Se plaçaient gaiement sous tes mains;
Mon soleil descendait en toi au crépuscule,
Par quelle lassitude ou bien par quel scrupule
As-tu voulu posséder moins ?
LE POETE
Ne me méconnais pas, Nature juste et bonne.
Se peut-il que t'ayant aimée on t'abandonne,
Hélas ! j'ai voulu t'approcher
Plus que ton vaste amour ne le conçoit sans doute,
Ni tes suaves cieux, ni tes flots, ni tes routes,
Ni le vent clair sur tes rochers
N'ont permis à mes vœux d'atteindre ton essence,
En vain je recevais tes hautes confidences
Et ton élan universel;
Éperdue et cherchant où baiser ton visage,
Je voyais s'isoler tes brillants paysages,
J'ai pleuré sur un cœur mortel;
Sur ce si faible appui, dont la chaleur contente,
Je regardais vers toi, suprême confidente
D'un rêve immense et suffocant ;
J'espérais de mourir parmi les cantilènes
Que le désir humain, fougueux et hors d'haleine,
Emprunte à tes grands ouragans !
Je voyais bien tes soirs de juillet, chauds et pâles,
Le croissant délicat qui, dans l'air, s'intercale
Comme une barque peinte en blanc ;
Mon oreille et mes yeux se remplissaient d'extase.
Et je contemplais l'être en qui l'amour transvase
La beauté d'un soir calme et lent.
Je répandais sur lui, qui respire et qui rêve,
Ton infini passé, l'avenir, et la sève
De tes printemps toujours naissants.
Et refermant mes bras sur ce profond mensonge,
J'étais comme un oiseau précipité, qui plonge
Et s'abreuve au fleuve du sang !
Mais, hormis ces moments de suave incendie
Où la bonté de feu joint deux âmes hardies.
Fumantes comme un paquebot,
Aimer est une ardeur plus amère que tendre,
Car toujours se quitter, espérer et attendre
Creuse le cœur comme un tombeau.
Aussi, ne sois jamais inquiète, ù Nature,
Quand mon esprit, séduit par l'humble créature,
S'éloigne parfois de tes deux,
L'échange que je fais est redoutable et triste,
L'homme est faible et sans but, et ta noblesse assiste
Aux sanglots des voluptueux !
Toi non plus, tu ne peux combler, selon nos forces,
Par ton ciel, ton soleil, tes ondes, tes écorces.
Le désir de l'âme et du corps ;
Mais ta sainte indigence est du moins attentive.
Tandis que si l'amour déçoit l'âme, elle arrive
Aux portes mêmes de la mort !...
Les Forces Eternelles
LA NATURE
Ainsi, tu me reviens, ô ma fière transfuge,
Esprit initié, enfant, hôtesse et juge
De mes parfums, de mes rumeurs,
Ton corps semble abattu par d'humaines tempêtes.
Quels plaisirs te nuisaient, toi qui n'étais pas faite
Pour la misère du bonheur ?
Ai-je comblé quelqu'un autant que ta personne ?
Tu semblais le miroir et la conque où résonnent
Et se reflètent mes secrets.
Je te parlais avec ces voix éblouissantes
Qu'ont dans les soirs d'été les sources d'air dansantes,
Et le vert soupir des forêts.
Mon espace sans borne où sont rangés les siècles
S'est offert dès l'enfance à tes yeux de jeune aigle,
Tu savais tout ce qu'on apprend ;
On voyait ma grandeur réduite en tes prunelles,
O toi qui ressemblais aux choses éternelles,
D'où te vient ce regard souffrant ?
Je t'avais faite insigne, éparse et solitaire.
Les rumeurs de la foule et la paix de la terre
Se plaçaient gaiement sous tes mains;
Mon soleil descendait en toi au crépuscule,
Par quelle lassitude ou bien par quel scrupule
As-tu voulu posséder moins ?
LE POETE
Ne me méconnais pas, Nature juste et bonne.
Se peut-il que t'ayant aimée on t'abandonne,
Hélas ! j'ai voulu t'approcher
Plus que ton vaste amour ne le conçoit sans doute,
Ni tes suaves cieux, ni tes flots, ni tes routes,
Ni le vent clair sur tes rochers
N'ont permis à mes vœux d'atteindre ton essence,
En vain je recevais tes hautes confidences
Et ton élan universel;
Éperdue et cherchant où baiser ton visage,
Je voyais s'isoler tes brillants paysages,
J'ai pleuré sur un cœur mortel;
Sur ce si faible appui, dont la chaleur contente,
Je regardais vers toi, suprême confidente
D'un rêve immense et suffocant ;
J'espérais de mourir parmi les cantilènes
Que le désir humain, fougueux et hors d'haleine,
Emprunte à tes grands ouragans !
Je voyais bien tes soirs de juillet, chauds et pâles,
Le croissant délicat qui, dans l'air, s'intercale
Comme une barque peinte en blanc ;
Mon oreille et mes yeux se remplissaient d'extase.
Et je contemplais l'être en qui l'amour transvase
La beauté d'un soir calme et lent.
Je répandais sur lui, qui respire et qui rêve,
Ton infini passé, l'avenir, et la sève
De tes printemps toujours naissants.
Et refermant mes bras sur ce profond mensonge,
J'étais comme un oiseau précipité, qui plonge
Et s'abreuve au fleuve du sang !
Mais, hormis ces moments de suave incendie
Où la bonté de feu joint deux âmes hardies.
Fumantes comme un paquebot,
Aimer est une ardeur plus amère que tendre,
Car toujours se quitter, espérer et attendre
Creuse le cœur comme un tombeau.
Aussi, ne sois jamais inquiète, ù Nature,
Quand mon esprit, séduit par l'humble créature,
S'éloigne parfois de tes deux,
L'échange que je fais est redoutable et triste,
L'homme est faible et sans but, et ta noblesse assiste
Aux sanglots des voluptueux !
Toi non plus, tu ne peux combler, selon nos forces,
Par ton ciel, ton soleil, tes ondes, tes écorces.
Le désir de l'âme et du corps ;
Mais ta sainte indigence est du moins attentive.
Tandis que si l'amour déçoit l'âme, elle arrive
Aux portes mêmes de la mort !...
Les Forces Eternelles
615. Nous avons attendu - Vous étiez rêveur - Quand l'automne argenté
NOUS AVONS ATTENDU...
Nous avons attendu longtemps ce jour paisible,
Enflammé, trop heureux, où, seuls et clandestins,
Sans avoir à parler, tant l'esprit est visible.
Nous sentions se mêler nos chaleureux destins.
— Mais, cessant de nous taire et cherchant à comprendre
L'ineffable plaisir d'un sort brûlant et tendre,
Nous fûmes submergés d'un étrange malheur.
Pourtant, parfois la joie et la source du rire
Comme au flanc d'un coteau court autour de mon cœur
Hélas ! la passion cherche-t-elle à se nuire,
Ne s'agit-il donc pas de goûter le bonheur
Ensemble, mais de le détruire ?
VOUS ETIEZ REVEUR...
Vous étiez rêveur et tranquille,
Votre cœur ne désirait rien
Que le mol charme aérien
Des jours qui sont comme des îles ..
Moi j'étais encore une enfant
Mais violente, sérieuse,
Et j'ai mis mon bras triomphant
Et mon âme contagieuse
Contre vous. — Ah ! s'il se défend,
Votre esprit solitaire et triste.
Que pourrait-il puisque j'existe,
Et qu'à vos songes j'ai mêlé
Mes jardins, mon ciel étoile,
Le miel de l'air, le sel de l'onde.
Le chant mystérieux des mondes
Emplissant l'immense horizon,
Et mon délire, et ma raison...
QUAND L'AUTOMNE ARGENTÉ...
Quand l'automne argenté et froid comme un raisin
Souffle ses vents légers sur l'été qui s'épuise,
Quand la fraîche saison, à la fois claire et grise,
Comme un printemps plus vif a d'amoureux desseins,
Qu'il est doux de trouver dans des yeux qui fascinent
Ces vertiges puissants dont le cœur se repaît.
Et d'éprouver, tandis qu'une rêveuse paix
Sur la riche saison moelleusement chemine,
La vivace fierté d'un bonheur stupéfait
Qu'enveloppe l'odeur d'un jardin qui bruine...
Les Forces Eternelles
Nous avons attendu longtemps ce jour paisible,
Enflammé, trop heureux, où, seuls et clandestins,
Sans avoir à parler, tant l'esprit est visible.
Nous sentions se mêler nos chaleureux destins.
— Mais, cessant de nous taire et cherchant à comprendre
L'ineffable plaisir d'un sort brûlant et tendre,
Nous fûmes submergés d'un étrange malheur.
Pourtant, parfois la joie et la source du rire
Comme au flanc d'un coteau court autour de mon cœur
Hélas ! la passion cherche-t-elle à se nuire,
Ne s'agit-il donc pas de goûter le bonheur
Ensemble, mais de le détruire ?
VOUS ETIEZ REVEUR...
Vous étiez rêveur et tranquille,
Votre cœur ne désirait rien
Que le mol charme aérien
Des jours qui sont comme des îles ..
Moi j'étais encore une enfant
Mais violente, sérieuse,
Et j'ai mis mon bras triomphant
Et mon âme contagieuse
Contre vous. — Ah ! s'il se défend,
Votre esprit solitaire et triste.
Que pourrait-il puisque j'existe,
Et qu'à vos songes j'ai mêlé
Mes jardins, mon ciel étoile,
Le miel de l'air, le sel de l'onde.
Le chant mystérieux des mondes
Emplissant l'immense horizon,
Et mon délire, et ma raison...
QUAND L'AUTOMNE ARGENTÉ...
Quand l'automne argenté et froid comme un raisin
Souffle ses vents légers sur l'été qui s'épuise,
Quand la fraîche saison, à la fois claire et grise,
Comme un printemps plus vif a d'amoureux desseins,
Qu'il est doux de trouver dans des yeux qui fascinent
Ces vertiges puissants dont le cœur se repaît.
Et d'éprouver, tandis qu'une rêveuse paix
Sur la riche saison moelleusement chemine,
La vivace fierté d'un bonheur stupéfait
Qu'enveloppe l'odeur d'un jardin qui bruine...
Les Forces Eternelles
614. Prédestination - L'attrait
PREDESTINATION
Ce qui fut à jamais existe,
Je songe au cœur qui m'a tant nui,
Son amour était comme un triste
Violoncelle dans la nuit.
Il languissait, j'étais vivante;
La tristesse et la volonté
Sont vos deux royales servantes,
Langoureuse volupté !
— En quels siècles, chez quels ancêtres.
Dans quelle ombre, sous quels rayons,
Ont-elles commencé de naître
Ces invincibles unions ?
Nul ne dispose de ses rêves
A travers l'immense parcours
Que fait parmi l'humaine sève
Le savant instinct de l'amour..
L'ATTRAIT
Même sans la suave, insistante saison,
Qui me torture, hélas, de toutes ses essences,
Pourrais-je, mon amour, repousser ta présence,
Je suis la maladie et toi la guérison.
Un équilibre doux, tranquille, sur et sage
S'empare de ma vie à te voir respirer ;
En tous lieux je suffoque, et c'est ton seul visage
Qui me semble aéré !
Je suis le desservant et toi le tabernacle.
Tu me parais unique autant qu'universel.
Se peut-il que l'amour, étant un tel miracle,
De tous les grands bonheurs soit le seul naturel!
Le courage, la gloire et la bonté sublime
Exigent quelque effort dont on est orgueilleux,
Mais l'amour, d'un seul bond, atteint le haut des cimes,
Et s'unit au divin comme un regard aux cieux.
L’amour est humble, fier, jubilant, héroïque,
Il est la charité, car les amants entre eux
Quelle que soit leur grâce, ont la bonté tragique
De la sainte auprès du lépreux. […]
Les Forces Eternelles
Ce qui fut à jamais existe,
Je songe au cœur qui m'a tant nui,
Son amour était comme un triste
Violoncelle dans la nuit.
Il languissait, j'étais vivante;
La tristesse et la volonté
Sont vos deux royales servantes,
Langoureuse volupté !
— En quels siècles, chez quels ancêtres.
Dans quelle ombre, sous quels rayons,
Ont-elles commencé de naître
Ces invincibles unions ?
Nul ne dispose de ses rêves
A travers l'immense parcours
Que fait parmi l'humaine sève
Le savant instinct de l'amour..
L'ATTRAIT
Même sans la suave, insistante saison,
Qui me torture, hélas, de toutes ses essences,
Pourrais-je, mon amour, repousser ta présence,
Je suis la maladie et toi la guérison.
Un équilibre doux, tranquille, sur et sage
S'empare de ma vie à te voir respirer ;
En tous lieux je suffoque, et c'est ton seul visage
Qui me semble aéré !
Je suis le desservant et toi le tabernacle.
Tu me parais unique autant qu'universel.
Se peut-il que l'amour, étant un tel miracle,
De tous les grands bonheurs soit le seul naturel!
Le courage, la gloire et la bonté sublime
Exigent quelque effort dont on est orgueilleux,
Mais l'amour, d'un seul bond, atteint le haut des cimes,
Et s'unit au divin comme un regard aux cieux.
L’amour est humble, fier, jubilant, héroïque,
Il est la charité, car les amants entre eux
Quelle que soit leur grâce, ont la bonté tragique
De la sainte auprès du lépreux. […]
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