11/04/2011

241. "La langueur des voyages"


Le matinal plaisir du soleil dans l'herbage,
Dessinant des ruisseaux d'intangible cristal;
Les cieux d'été, plus chauds qu'un sensuel visage
Opprimé de désir, altéré d'idéal;
Le hameau romantique au creux d'un roc stérile;
Des jardins de dattiers, épais ainsi qu'un toit;
L'arrivée, au matin, dans d'étrangères villes,
Où, soudain, l'on se sent libéré comme une île
Que bat de tout côté un flot distrait et coi;
Le bitumeux parfum d'une rade en Hollande,
Le bruit de forge en feu des vaisseaux roux et noirs
Que la noble denrée exotique achalande;
Enfin, surtout, l'odeur et la couleur des soirs,
Ont, pour le voyageur que le désir oppresse
Et que guide un mystique et rêveur désespoir,
L'insistante langueur qui prélude aux caresses.