Lire les messages 35, 36, 37
18/02/2010
032. Le prince de Brancovan. 1
17/02/2010
031. Pastels de la comtesse de Noailles
dans son format original.
Document extrait de la plaquette présentée au message 30
030. A propos des poèmes 28 et 29.

Note de l'auteur : Les deux poèmes reproduits dans les messages 028 et 029 ci-dessous, sont extraits de l'élégante plaquette éditée par la Ville d'Evian, il y a maintenant plus de dix ans, à l'occasion d'une exposition consacrée à la Comtesse de Noailles et à son oeuvre. Elle s'était tenue au chateau de Fontbonne.
029. "Notre amour"
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Notre amour sera grave ainsi qu'un Dieu vieilli
Qui se croit éternel et sent l'autel qui tremble,
Et nous serons tous deux les servants recueillis
Du mystère sacré qui nous isole ensemble.
Nous serons les élus et les proscrits hautains;
La vie autour de nous insultera nos rêves,
Nous sentirons pleurer dans ses mornes festins
Notre amour, infini parmi les choses brèves.
Notre amour est le vase empli d'or et de nard
Que nous portons tous deux en tremblant d'en répandre;
Rien ne nous vient de nous, et le sombre hasard
Nous confie un trésor dont il nous fait dépendre.
Nous nous enchanterons du périssable attrait
Et des vives clartés du jour qui se consume,
Et nos sourires même auront l'air d'un regret;
Nous ne serons jamais joyeux sans amertume,
Car nous refuserons le bonheur calme, offert
A ceux que n'émeut point la sirène ondoyante :
Le parfum qui s'égare et le son qui se perd
Nous verseront à flots leur volupté fuyante.
Dédaigneux des efforts et des réalités,
Nous goûterons, muets patriciens du rêve,
Les trésors savoureux de nos oisivetés
Aux languissants détours de l'heure qui s'achève.
Les hommes cherchent l'or et la gloire autour d'eux,
Leur vanité se plie au joug de leurs chimères;
Nous n'aurons de fierté que d'être beaux tous deux
Dans le fragile essor des grâces éphémères.
Au printemps nous irons errer nonchalamment
Dans la moiteur des prés. Les guêpes querelleuses
Nous berceront l'été d'un mol bourdonnement,
Et l'hiver nous aurons des tendresses frileuses.
Notre ardente ferveur et nos effusions
Iront grossir la somme inutile des choses,
Mais qu'importe aux étés, ivres d'éclosions,
Ce que pèse à l'hiver la poussière des roses ...
Qui se croit éternel et sent l'autel qui tremble,
Et nous serons tous deux les servants recueillis
Du mystère sacré qui nous isole ensemble.
Nous serons les élus et les proscrits hautains;
La vie autour de nous insultera nos rêves,
Nous sentirons pleurer dans ses mornes festins
Notre amour, infini parmi les choses brèves.
Notre amour est le vase empli d'or et de nard
Que nous portons tous deux en tremblant d'en répandre;
Rien ne nous vient de nous, et le sombre hasard
Nous confie un trésor dont il nous fait dépendre.
Nous nous enchanterons du périssable attrait
Et des vives clartés du jour qui se consume,
Et nos sourires même auront l'air d'un regret;
Nous ne serons jamais joyeux sans amertume,
Car nous refuserons le bonheur calme, offert
A ceux que n'émeut point la sirène ondoyante :
Le parfum qui s'égare et le son qui se perd
Nous verseront à flots leur volupté fuyante.
Dédaigneux des efforts et des réalités,
Nous goûterons, muets patriciens du rêve,
Les trésors savoureux de nos oisivetés
Aux languissants détours de l'heure qui s'achève.
Les hommes cherchent l'or et la gloire autour d'eux,
Leur vanité se plie au joug de leurs chimères;
Nous n'aurons de fierté que d'être beaux tous deux
Dans le fragile essor des grâces éphémères.
Au printemps nous irons errer nonchalamment
Dans la moiteur des prés. Les guêpes querelleuses
Nous berceront l'été d'un mol bourdonnement,
Et l'hiver nous aurons des tendresses frileuses.
Notre ardente ferveur et nos effusions
Iront grossir la somme inutile des choses,
Mais qu'importe aux étés, ivres d'éclosions,
Ce que pèse à l'hiver la poussière des roses ...
028. "C'est après les moments"

C'est après les moments les plus bouleversés
De l'étroite union acharnée et barbare,
Que, gisant côte à côte, et le front renversé,
Je ressens ce qui nous sépare!
Tous deux nous nous taisons, ne sachant pas comment,
Après cette fureur souhaitée et suprême,
Chacun de nous a pu, soudain et simplement,
Hélas ! redevenir soi-même
Vous êtes près de moi, je ne reconnais pas
Vos yeux qui me semblaient brûler sous mes paupières;
Comme un faible animal gorgé de son repas,
Comme un mort sculpté sur sa pierre
Vous rêvez immobile, et je ne puis savoir
Quel songe satisfait votre esprit vaste et calme,
Et moi je sens encore un indicible espoir
Bercer sur moi ses jeunes palmes !
Je ne puis pas cesser de vivre, mon amour !
Ma guerrière folie, avec son masque sage,
Même dans le repos veut par mille détours
Se frayer encore un passage !
Et je vous vois content ! Ma force nostalgique
Ne surprend pas en vous ce muet désarroi
Dans lequel se débat ma tristesse extatique.
Que peut-il y avoir, ô mon amour unique,
De commun entre vous et moi !
Poème écrit en 1918
De l'étroite union acharnée et barbare,
Que, gisant côte à côte, et le front renversé,
Je ressens ce qui nous sépare!
Tous deux nous nous taisons, ne sachant pas comment,
Après cette fureur souhaitée et suprême,
Chacun de nous a pu, soudain et simplement,
Hélas ! redevenir soi-même
Vous êtes près de moi, je ne reconnais pas
Vos yeux qui me semblaient brûler sous mes paupières;
Comme un faible animal gorgé de son repas,
Comme un mort sculpté sur sa pierre
Vous rêvez immobile, et je ne puis savoir
Quel songe satisfait votre esprit vaste et calme,
Et moi je sens encore un indicible espoir
Bercer sur moi ses jeunes palmes !
Je ne puis pas cesser de vivre, mon amour !
Ma guerrière folie, avec son masque sage,
Même dans le repos veut par mille détours
Se frayer encore un passage !
Et je vous vois content ! Ma force nostalgique
Ne surprend pas en vous ce muet désarroi
Dans lequel se débat ma tristesse extatique.
Que peut-il y avoir, ô mon amour unique,
De commun entre vous et moi !
Poème écrit en 1918
Source de l'illustration : références inconnues
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